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Henri Cueco, enfant du Pays, est décédé

Né à Uzerche le 19 octobre 1929, peintre et écrivain internationalement reconnu, Henri Cueco est décédé lundi 13 mars au soir à Paris.
Encouragé dès son enfance par un père formé à l'école des Beaux-Arts de Valence (Espagne), le jeune Henri Cueco dessine et peint quotidiennement des paysages, des portraits de famille, les animaux et les plantes : "J’ai dessiné depuis l’âge de 5 ans jusqu’à maintenant. Mon père exigeait que je dessine tous les jours, tous les jours, tous les jours. Je l’ai fait. J’ai passé au fond à peu près toute ma vie à renoncer à la virtuosité tout en l’assumant, je sais pas faire autre chose."
Au milieu des années 1940, l'art contemporain est essentiellement abstrait. Henri Cueco prend le chemin inverse et se retourne vers la figuration qui le passionne. Ami de l'artiste limousin Paul Rebeyrolle, il participe dans les années 1960 au mouvement de la "Figuration Narrative" en réaction à un art américain omniprésent sur la scène artistique mondiale incarné par le Pop Art.
Artiste militant, Cueco participe à la création de La Coopérative des Mallassis en 1972 pour une pratique collective et militante de la peinture avec les peintres Fleury, Latil, Parré et Tisserand, s'engageant collectivement contre l'ordre établi, tout en menant une réflexion sur le rôle de l'artiste dans la société.
Au milieu des années 1980, il peint des séries d'objets du quotidien ou puisés dans la nature, qu'il conserve comme de petits trésors, tel un collectionneur dans un cabinet de curiosités : cailloux, pommes de terre, queues de cerises, noyaux de fruits, papiers, ficelles… et leur donne vie en peinture, sur de petits formats. Henri Cueco dira de ce travail : «J’ai voulu prendre un risque avec la banalité et parfois c’est elle qui a gagné». En 1993, il peint des portraits de pommes de terre et publie "Journal d'une pomme de terre".
Alors à l'automne de sa vie, Henri Cueco revient dans les années 2000 sur son thème privilégié : la nature et réalise des séries de vues depuis son atelier du Pouget de Vigeois, des feuilles et de branchages brulés par la canicule ainsi que des feux et des fumées.
Jusqu'à la fin de sa vie, Henri Cueco dessine et peint ce qui est le plus proche de lui, à ses pieds, l'herbe, les branchages, les feux, les paysages, l'eau et la Vézère, des pommes de terre, comme s'il regardait le monde pour la première fois. À chaque nouveau tableau, à chaque nouvelle série, c'est un recommencement qui s'opère, une redécouverte et une interrogation permanente sur le rôle de l'artiste.

L'une de ses dernières expositions est présentée dans la Salle de la Machine à la Papeterie, en 2014, à l'occasion de son inauguration. Cette usine réhabilitée d'où sortaient autrefois les bobines de papier qu'il affectionnait tant pour exprimer l'étendue de son talent en grand format : "le papier Vézère" comme il aimait à l'appeler. Un ultime cadeau fait à Uzerche et ses habitants, à ses amis. À cette commune qu'il avait tant aimée, où il était né, avait grandi, vécu et fondé une famille, sur les bords de la Vézère. Comme un dernier au revoir, avant le grand départ…

Henri Cueco, Salle de la Machine à Uzerche - © David Cueco

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