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Jean-Pierre Lavaud, adjoint à Uzerche, nous a quittés

Jean-Pierre Lavaud nous a quittés le 5 janvier, après plus de 35 ans passés à servir les Uzerchois dans le cadre de ses fonctions électives et associatives.
Né à Tulle au lendemain de la guerre, le 8 octobre 1946, de Jeannette et Julien Lavaud, Jean-Pierre est le deuxième d'une fratrie de 5 enfants. Il suit ses études à l'école de Souillac, mais sa vraie passion, c'est auprès de son père, au fond du jardin, qu'il la vit : le jardinage, son ascendant lui en apprend toutes les ficelles, des années durant. À 15 ans, le jeune Jean-Pierre rentre en apprentissage à la Marque pour y suivre une belle carrière de 43 ans de tourneur-fraiseur, durant laquelle il passera de simple ouvrier à technicien commercial pour finir agent de maîtrise en commande numérique. C'est au cours de ces années de labeur que Jean-Pierre acquiert le goût de la précision, de la rigueur et le souci du détail qui le caractérisaient. Travaillant en équipe, il développe rapidement un besoin viscéral de partager avec les autres ses compétences et sait se faire apprécier de ses pairs pour son esprit d'équipe, de famille.
Appelé à servir la France dans le cadre de son service militaire en 1966, Jean-Pierre, après avoir fait ses classes à Bordeaux, part à Tahiti en tant que mécanicien dans l'armée de l'air. Tahiti, le paradis où le soldat surnommé "Frisou" passera un an, avant de revenir auprès de sa famille à Tulle, à qui la joie de vivre et la bonhomie manquent cruellement. Déjà préoccupé par les conditions de vie de la classe ouvrière, de ses collègues qu'il apprécie tant, Jean-Pierre Lavaud adhère à la section CGT de la Marque où ses pairs l'élisent délégué syndical. Fort de cette reconnaissance, il prendra pleinement parti aux évènements de 68 allant jusqu'à Paris au congrès national de la CGT, avant d'organiser les piquets de grève en région. Mais 1968 sera surtout pour Jean-Pierre, l'année de sa rencontre avec Jeannette Pradeau qu'il épousera en décembre de la même année. De leur union naîtra Olivier, avec qui une grande complicité se créera, animée par des parties de babyfoot endiablées ou encore d'interminables sorties de cueillettes aux champignons. C'est sur Uzerche que la petite famille jette son dévolu et fonde son foyer. Toujours soucieux du bien-être de son prochain, engagé tant syndicalement que politiquement, Jean-Pierre adhère au Parti socialiste et est rapidement sollicité pour participer à une liste d'union de gauche aux élections municipales de 1977 à Uzerche, où il sera élu conseiller municipal jusqu'en 1983 avec Celou Lamiche, alors Maire. En 1985, lorsque le RCU recrute son fils Olivier pour jouer dans l'équipe cadet, il en devient également dirigeant. Fidèle à ses valeurs, son engagement est sans faille durant toutes les années glorieuses du RCU où l'équipe première accède en deuxième division.
Réélu en 2001 auprès de Sophie Dessus, après plusieurs défaites aux élections municipales, il devient adjoint aux travaux, poste qu'il conservera jusqu'à ce jour, au fil des élections de 2008 ou 2014. Là encore, son engagement est sans faille : quotidiennement, il se rend à la mairie, y rencontre les agents de la ville, fait avancer les dossiers qui lui sont confiés, toujours dans la joie de vivre et la bonne humeur, la "sifflote" au coin des lèvres, la casquette vissée sur la tête. Et ces dossiers sont nombreux puisque Jean-Pierre a suivi, entre autres, ceux du Gymnase et de la piscine, l'aménagement des terrains de football et de la vieille ville, l'avenue Gérard Philipe, les zones commerciales et lotissements, ou plus récemment la réfection des terrasses du jardin Bécharie, la réhabilitation de la Papeterie en écoquartier, les microcentrales hydroélectriques… auxquelles venaient s'ajouter toutes les tracasseries quotidiennes d'un adjoint en charge des travaux : problèmes de lampadaires, routes défoncées et autres canalisations défaillantes.
Mais le plus grand chantier de Jean-Pierre Lavaud, le seul dont il ne viendra pas à bout, sera la maladie : il se bat depuis plus de 10 ans, souffre au quotidien, subit plusieurs opérations avec plus ou moins de succès, jusqu'à très récemment, où à ses problèmes initiaux viennent s'ajouter de sérieuses complications cardiaques.
Affaibli, en perte d'autonomie, cet homme d'engagement, honnête, généreux et intègre, aimait tellement la vie qu'il préfère la mort quand elle ne brille plus de tout son éclat.
Aujourd'hui encore, alors qu'il n'est plus de ce monde, les sifflements de Jean-Pierre Lavaud résonnent toujours dans les couloirs de la mairie et dans le coeur de ses agents. Nombreux sont les Uzerchois, élus et agents municipaux qui garderont de lui le souvenir de sa jovialité, de son efficacité, de la chaleur de sa présence et avant tout, de sa profonde humanité. Salut l'Ami.

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