Raymonde Roussaux, une centenaire franco-belge à Uzerche

Raymonde Rousseaux, Uzerchoise aux racines belges, a fêté ses 100 ans auprès de son fils Michel, et en compagnie des élus de la commune, spécialement invités pour l’occasion. 
C’est durant la Première Guerre mondiale que tout commence : à l’époque, la jeune Marguerite Beaujoux, petite Uzerchoise montée à Paris pour gagner sa vie, exerce ses talents comme coloriste chez un photographe : quel beau métier que d’appliquer quelques touches éparses de couleurs sur les mornes clichés en noir et blanc de l’époque, et leur donner un peu de cette gaieté si précieuse dans le sombre contexte d’un pays en guerre. Un métier d’une grande délicatesse pour une jeune femme qui l’est tout autant. Face à tant de grâce le cœur du fier soldat de nationalité belge Alphonse Bellery, alors de passage dans la capitale, ne fait qu’un tour. Lui aussi voudrait bien voir la vie en couleur ! Épris de la jeune Uzerchoise, il entretient avec elle une correspondance régulière. Les tourtereaux se revoient, furtivement, et convolent en justes noces quelques mois avant la signature de l’armistice, un certain 23 février 1918. Alphonse est un homme attentionné, et pour le plus grand plaisir de sa bien-aimée le mariage est célébré à Uzerche, ville natale de la jeune femme, en l’abbatiale Saint-Pierre. L’heure est à la fête, et la guerre menée au front aussi loin que possible des esprits des jeunes mariés et de leurs invités. Sur le chemin de la noce, alors qu’ils passent avenue de Paris devant l’hôtel-restaurant de la famille Léonard, ceux-ci leur offrent même le Champagne. Que de bonheur en ces temps de privation ! Mais, cet enthousiasme collectif ce besoin de festoyer ensemble et de trinquer à l’Amour, cache une réalité bien plus triste… Dans les jours qui suivent le mariage, Alphonse repart au front le cœur gros laissant derrière lui Marguerite, la femme qu’il aime. Il leur faut attendre le 11 novembre 1918 pour se retrouver enfin, et continuer à s’aimer les 54 années qui suivirent. C’est de cette union entre un fier militaire belge et une délicate Uzerchoise, qu’est née Raymonde Bellery en septembre 1919, et qui fête aujourd’hui ses 100 ans. Et si son père Alphonse est tombé éperdument amoureux d’une Uzerchoise il fut également conquis par Uzerche elle-même, la Perle du Limousin, et décide donc d’y installer sa famille. Pour ce faire, il construit en 1922, à quelques pas de l’Église Sainte-Eulalie où Raymonde fut baptisée en 1920, la maison qui abritera ceux qu’il aime. Mais là encore, l’Histoire rattrape la famille Bellery : si la Première Guerre mondiale permit à ses parents de se rencontrer, la Seconde Guerre oblige Raymonde à quitter la douceur du foyer uzerchois bâtit par son père : elle part alors en Belgique comme infirmière-ambulancière à la Croix Rouge, prendre soin des nombreux blessés de l’époque. Pour la qualité des soins prodigués durant ces années de guerre, elle recevra la médaille d’argent de la Croix Rouge, ainsi que la Médaille militaire 1939-1945. La guerre finie, elle épouse un officier de l’Arme blindée, un certain Jean Rousseaux. Un an plus tard, en septembre 1949, Michel vient égailler la famille Rousseaux de ses cris d’enfants qui, au fil des années, se transforment en ce rire communicatif bien connu des Uzerchois de maintenant ! Au fil du temps, après le départ de ses parents, Raymonde s’installe dans la maison d’Uzerche de ses parents Alphonse et Marguerite, qu’elle habite toujours aujourd’hui.
Elle y a donc fêté ses 100 printemps, entourée de son fils Michel qui avait pour l’occasion convié Jean-Paul Grador, Maire d’Uzerche, et Frédérique Réal, Adjointe aux affaires sociales, mais avant tout amis de la famille de longue date.
 
 

Articles plus anciens



Retrouvez également toute l'actualité d'Uzerche, la Perle du Limousin sur facebook