Pour recevoir par mail, chaque semaine, toute l’actualité uzerchoise :

Auschwitz-Birkenau : Ginette Kolinka témoigne devant les élèves à Uzerche

Le Collège Gaucelm Faïdit d'Uzerche a accueilli des élèves du Lycée Danton de Brive afin de participer à une rencontre riche en émotion avec Ginette Kolinka, survivante du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau près de Cracovie en Pologne…

C'est dans un silence respectueux et devant un parterre de collégiens émus que Ginette Kolinka témoigne de son histoire au camp de la mort d'Auschwitz-Birkenau. Et 70 ans après les faits, la morsure est restée intacte, la plaie béante. Lorsqu'elle lève sa manche, et exhibe son tatouage, matricule 78599 sur son bras frêle, souvenir gravé dans sa chaire à tout jamais, la même décharge parcourt l'échine des 150 élèves présents et de leurs professeurs. Lors de cette rencontre émouvante entre cette jeune génération et l'ancienne déportée de près de 90 ans, elle revient sur son parcours, du 13 mars 1944 quand la Gestapo vient arrêter en Avignon les hommes de cette famille juive sur dénonciation et que, protestant, elle-même se retrouve embarquée, jusqu' à sa libération début mai 1945.
Passant par la prison d'Avignon, puis celle des Beaumettes à Marseille, son père, son frère de 12 ans, son neveu de 14 ans et elle-même sont ensuite internés au camp de Drancy, prélude à l'enfer.
Un mois plus tard, après avoir été déportés en wagons à bestiaux jusqu'à Auschwitz-Birkenau, son père et son frère sont gazés dès leur arrivée. Ginette Kolinka, elle, entre dans le camp des femmes, à tout juste 19 ans. Commencent alors les humiliations répétées, violentes, avec pour objectif de retirer toute humanité à cette femme et de ne faire d'elle qu'un simple matricule : 78599.
Devant les collégiens, elle revient sur la douleur ressentie lorsqu'on lui rase la tête, qu'on expose sa nudité à la vue de tous dans le froid, quand on la tond comme un animal à son arrivée. Elle décrit également l'espoir suscité par la perspective de cette douche promise après 3 jours et 3 nuits de voyage en wagons à bestiaux, et qui ne sera finalement qu'une alternance d'eau glacée et d'eau bouillante, séchant ensuite à l'air libre, qu'elle subira régulièrement 15 mois durant. Les jeunes l'interrogent alors sur son alimentation, et restent pantois lorsqu'ils apprennent  que le seul "vrai repas" quotidien, le dîner, est constitué d'une tranche de pain noir, mélange de paille et de farine, et d'une tranche de margarine, les autres "repas" de la journée n'étant qu'une louche d'un liquide immonde qualifié selon la période de la journée, de "café" ou de "soupe". Elle conte également les appels interminables, pouvant durer jusqu'à 4 heures, destinés à vérifier que tous les détenus sont bien présents, ou encore les défilés de déportés, sur fond de musique militaire, têtes tournées vers leurs bourreaux, mais regards au sol, pour rejoindre les baraquements du camp, bien droits et d'un pas ferme, alors qu'ils tiennent à peine sur leurs jambes, épuisés. Avec pour seul objectif de ne pas flancher, pour survivre.
Lorsqu'elle est libérée en mai 1945, après avoir été transférée à Bergen-Belsen, Raguhn et enfin Theresienstadt, rapatriée par les Américains à Lyon, elle ne pèse que 28 kilos. Un mois plus tard, elle retrouve sa mère et 4 de ses soeurs. La cinquième ayant aussi été déportée n'aura pas la chance de revenir.
Aujourd'hui, Ginette Kolinka témoigne fréquemment auprès des jeunes, par devoir de mémoire. Pour ne jamais oublier que le 27 janvier 1945 quand l'Armée rouge a libéré le camp, il ne restait que 8.000 déportés sur les 1,6 million de personnes envoyées à Auschwitz-Birkenau.

Articles plus anciens



Retrouvez également toute l'actualité d'Uzerche, la Perle du Limousin sur facebook